Les CIVE d’été doivent produire un maximum de biomasse en un minimum de temps (90 à 120 jours). Elles sont donc réservées à des espèces à croissance rapide et à fort potentiel de biomasse : le sorgho, le maïs, le tournesol, le moha,…
Quelle espèces de CIVE implanter en été
Le sorgho comme CIVE d’été
C’est la star des CIVE d’été. Très productif (8 à 15 tMS/ha en conditions irriguées), résistant à la sécheresse grâce à son système racinaire profond, peu exigeant en intrants. Il se décline en plusieurs types : sorgho fourrager (le plus productif), sorgho grain (moins de biomasse mais intéressant si valorisation en alimentation animale également), sorgho BMR (Brown Mid Rib, plus digestible pour le méthaniseur).
Le maïs, une CIVE très productive
Productivité exceptionnelle (10 à 18 tMS/ha) si l’irrigation est disponible et si le cycle est assez long (semis début juin, récolte mi-septembre). Exigeant en eau, coûteux en semences. Réservé aux zones irriguées et aux exploitations ayant une forte surface en CIVE d’été.
Le tournesol : une combinaison d’avantage en tant que CIVE
Moins productif que le sorgho ou le maïs (5 à 9 tMS/ha), mais intéressant pour son système racinaire pivotant qui décompacte le sol, et pour sa floraison attractive pour les pollinisateurs. Bonne tolérance au sec.
Le moha, une CIVE qui valorise les sols pauvres
Graminée à cycle très court (60 à 80 jours), très rustique. Rendement modeste (3 à 6 tMS/ha), mais valorise bien les sols médiocres et supporte les semis tardifs. Intéressant en complément d’une CIVE principale, ou en rattrapage si une culture a échoué.
Les mélanges de CIVE d’été
Moins fréquents qu’en hiver, mais possibles. Exemple : sorgho + tournesol pour combiner productivité et structuration du sol. Ou sorgho + légumineuse tropicale (dolique, niébé) en zone très chaude.
Gestion de l’eau : l’enjeu central des CIVE d’été
Contrairement aux CIVE d’hiver qui profitent de la pluviométrie hivernale, les CIVE d’été se développent durant la période la plus sèche de l’année. Dans la plupart des régions françaises, juillet-août sont des mois déficitaires en eau.
La gestion des CIVE d’été sans irrigation
Les rendements des CIVE d’été sont aléatoires et fortement dépendants de la météo. Une année pluvieuse (comme 2021 dans le Centre) permet d’atteindre 8 à 10 tMS/ha de sorgho en sec. Une année sèche (comme 2022) plafonne à 3-4 tMS/ha, voire moins. Le sorgho, grâce à sa résistance à la sécheresse, reste la meilleure option en conditions non irriguées, mais le risque économique est élevé.
Gérer des CIVE avec irrigation
Les rendements sont sécurisés et nettement supérieurs. Un sorgho irrigué produit régulièrement 10 à 15 tMS/ha, un maïs 12 à 18 tMS/ha. Mais l’irrigation représente un coût (énergie, main-d’œuvre) et mobilise une ressource limitée. Dans les zones soumises à des restrictions d’eau estivales, l’irrigation des CIVE peut être interdite ou mal perçue. Il est essentiel de vérifier la réglementation locale et l’acceptabilité sociale avant de programmer une CIVE d’été irriguée.
La stratégie d’irrigation intermédiaire
Un ou deux tours d’eau au moment du semis et à la mi-cycle peuvent sécuriser le rendement sans mobiliser excessivement la ressource.
Organisation du travail : jongler avec la moisson
Implanter une CIVE d’été juste après une moisson de céréales impose une organisation millimétrée. Entre la récolte de l’orge (fin juin) et le semis de la CIVE (idéalement avant le 10 juillet), il faut déchaumer, préparer le sol, et semer. Soit une fenêtre de 10 à 15 jours en pleine moisson.
Les solutions logistiques
- Travail du sol simplifié : Limiter les passages (un déchaumage superficiel + semis direct ou semis en un seul passage avec un semoir à dents). L’objectif est de gagner du temps et de préserver l’humidité résiduelle du sol.
- Priorisation des parcelles : Commencer par les parcelles les plus favorables (sol profond, accès à l’irrigation) et les récoltes les plus précoces (orge d’hiver, colza).
- Faire appel à un prestataire : Déléguer le semis de la CIVE à une ETA permet de décharger le travail en période de pointe.
Le compromis sur la date de semis
Plus le semis est précoce, meilleur est le rendement. Mais un semis trop précoce (avant la moisson) n’est pas envisageable. Chaque jour de retard après le 10 juillet fait perdre environ 100 à 200 kg de MS/ha de potentiel. Un semis après le 25 juillet devient rarement rentable




